En 2025, la France continue de faire face à un défi de taille : réussir sa transition énergétique. L’objectif reste clair depuis plusieurs années déjà — sortir progressivement des énergies fossiles et développer les énergies renouvelables. Mais où en est réellement la France aujourd’hui ? Avance-t-elle assez vite ? Est-elle en retard ? Voici un tour d’horizon de la situation actuelle.

Un contexte marqué par l’urgence climatique
Depuis plusieurs années, les rapports du GIEC et les événements climatiques extrêmes rappellent à quel point il devient urgent d’agir. En France, les vagues de chaleur, les sécheresses ou encore les tempêtes se multiplient. Ces changements poussent le gouvernement, les entreprises et les citoyens à repenser leur rapport à l’énergie.
L’Union européenne a fixé des objectifs ambitieux. D’ici 2030, les États membres doivent produire 42,5 % de leur énergie à partir de sources renouvelables. La France, qui a longtemps compté sur le nucléaire, doit aujourd’hui diversifier son mix énergétique.
Une progression, mais encore trop lente
En 2025, la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie finale brute en France tourne autour de 21 %. Ce chiffre marque une progression par rapport aux années précédentes, mais il reste en dessous des attentes. En 2020, la France s’était engagée à atteindre 23 % de renouvelables. Elle n’y est pas parvenue. Depuis, elle tente de rattraper son retard.
Plusieurs freins ralentissent cette transition. Le développement des projets d’énergie renouvelable, notamment les parcs éoliens ou solaires, rencontre souvent des obstacles administratifs ou des oppositions locales. Les délais d’autorisation restent longs, parfois plus de 5 ans pour un simple parc éolien terrestre.

Le solaire et l’éolien en première ligne
Le solaire photovoltaïque progresse rapidement. En 2025, la France compte environ 20 GW de puissance installée, contre environ 14 GW en 2021. Des projets de centrales solaires fleurissent un peu partout dans le pays, notamment sur les toitures des bâtiments agricoles, des entrepôts ou des parkings. Le gouvernement a simplifié certaines procédures, ce qui a permis d’accélérer le rythme des installations.
L’éolien terrestre reste la deuxième source d’électricité renouvelable derrière l’hydroélectricité. Mais son développement stagne. En cause : les recours juridiques, les réticences locales et les limites imposées par la proximité avec des zones militaires ou des radars météo.
En revanche, l’éolien en mer commence enfin à prendre son envol. Après des années de retards, la France a inauguré ses premiers parcs éoliens offshore. D’ici la fin de l’année 2025, le pays espère dépasser les 3 GW de capacité installée en mer.
L’hydroélectricité, un pilier qui reste stable
Depuis longtemps, la France utilise ses rivières et barrages pour produire de l’électricité. L’hydroélectricité représente encore une part importante du mix renouvelable, environ 40 %. Mais cette source d’énergie n’augmente plus vraiment. La plupart des sites exploitables sont déjà en service, et les marges de progression restent limitées.


Le biogaz et la géothermie : deux filières prometteuses
Le biogaz, produit à partir de déchets agricoles ou ménagers, gagne en visibilité. De plus en plus d’exploitations agricoles injectent du gaz vert dans les réseaux. En 2025, cette énergie reste encore marginale dans le mix global, mais elle joue un rôle important dans les territoires ruraux.
La géothermie, quant à elle, progresse lentement mais sûrement. Elle intéresse surtout les collectivités locales pour chauffer des bâtiments ou alimenter des réseaux de chaleur urbains.
Des efforts à poursuivre
La France ne manque pas d’atouts pour réussir sa transition énergétique. Elle dispose de ressources naturelles variées, d’un savoir-faire technique, et d’un tissu d’entreprises innovantes. Pourtant, les blocages restent nombreux. Le manque de stabilité des règles administratives, les difficultés à obtenir les permis, ou encore l’opposition de certains habitants ralentissent les projets.
Le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour simplifier les démarches, améliorer l’acceptabilité locale et soutenir le financement. Mais ces annonces doivent maintenant se traduire sur le terrain.
Et les citoyens dans tout ça ?
La transition énergétique ne repose pas uniquement sur l’État ou les grandes entreprises. De plus en plus de Français installent des panneaux solaires sur leur toit, s’engagent dans des projets citoyens d’énergie ou réduisent leur consommation. Cette dynamique locale peut faire la différence.
En 2025, la France a donc encore du chemin à parcourir pour tenir ses engagements. Mais les lignes bougent. Les mentalités évoluent, les innovations se multiplient, et les crises successives rappellent qu’il faut agir, vite et ensemble.